Beaconsfield Middle School
Quand la nature vient transformer une cour d’école

Arthur Sisk, directeur adjoint de l’école intermédiaire Beaconsfield (de la 6e à la 8e années) à Saint John (N.-B.) et enseignant de langue, a contribué à la mise sur pied d’un projet de revitalisation de la cour de cette école qui surplombe la baie de Fundy. Lors du lancement du projet à l’automne 1998, son terrain de jeu en ciment n’était pas un endroit intéressant ni accueillant. Durant l’heure du dîner, les élèves n’avaient pas grand-chose à leur disposition pour se distraire ou pour canaliser leurs énergies. Trois écoles de la région avaient récemment été combinées en une seule et il restait encore beaucoup de rivalités qui pouvaient très facilement tourner à l’affrontement. M. Sisk est très franc quant à ses motifs. La revitalisation de la cour d’école pourrait devenir un projet qui occuperait les élèves d’une manière constructive.

L’école au grand complet a participé. Le tout a commencé par une séance de remue-méninges dans chaque classe des trois niveaux. Qu’est-ce que les élèves voulaient voir dans leur cour d’école? Des installations de ballons captifs? Un terrain de soccer? Une patinoire couverte? Les élèves étaient encouragés à formuler les suggestions même les plus farfelues. Ensuite, les élèves de 8e année ont entrepris d’évaluer les nombreuses suggestions formulées et de mettre par écrit les meilleures. Le tout s’est transformé en un exercice pratique de langue de même qu’en une expérience de travail d’équipe. « Après avoir éliminé les idées franchement irréalistes – comme un centre sportif – l’exercice est devenu une expérience d’apprentissage très utile pour les élèves du niveau intermédiaire qui ont pu alors concevoir, élaborer et rédiger une proposition », explique M. Sisk.

Ensuite, pour que la proposition devienne réalité, les élèves se sont vite rendu compte qu’ils devaient se trouver des partenaires au sein de la localité de même que des gens qui pourraient offrir leurs services gratuitement. Ils ont appris qu’il fallait préparer un plan technique pour le terrain et comprendre la science qui allait soutenir leurs idées.

Une architecte paysagiste du Irving Nature Park a montré aux élèves ce qu’il fallait pour aménager un espace vert. Elle a examiné avec eux leur projet et leur a expliqué comment ils pouvaient « ramener la nature dans leur cour d’école ». Pendant ce temps, les responsables de l’église Assomption, voisine de l’école, procédaient à la revitalisation du cimetière adjacent à la cour d’école. Pour ce faire, ils ont retenu les services d’un architecte professionnel pour concevoir l’aménagement du terrain. Les plans de l’architecte étaient déjà commencés et devaient s’intégrer à la cour de l’école puisque les élèves ont toujours traversé le cimetière pour aller à l’école et en revenir. L’approche plus technique de l’architecte a représenté un autre défi stimulant.

Les élèves du niveau intermédiaire ont soudain constaté qu’ils pouvaient se servir de leurs compétences en informatique et ont travaillé à l’élaboration de différents plans provisoires du terrain. Art Sisk est très fier des trois plans provisoires que les élèves ont élaborés. On a construit une maquette de l’aménagement du terrain selon le plan choisi. Les élèves ont appris des notions de nivellement et de drainage. Ce qu’ils ont appris en sciences de la terre a été incorporé dans leurs plans. Les élèves du niveau élémentaire ont appris comment faire pousser des plantes à partir de graines plantées à l’intérieur, dans leurs salles de classe. Ils ont préparé une plate-bande. La biologie est devenue un outil important pour comprendre pourquoi et comment certains arbres pousseraient dans un endroit en particulier. En utilisant leurs connaissances scientifiques et en évaluant les différents secteurs du terrain, ils ont dû décider où pousseraient les érables rouges et quels seraient les meilleurs endroits où planter les résineux dans cette cour d’école balayée par le vent.

Les élèves ont aussi appris que leur école faisait partie de la ville de Saint John et qu’à titre de représentants de l’école, ils pouvaient établir des contacts avec des entreprises et des organismes de la ville, dans la mesure où leur travail de planification était réaliste et complet. Les élèves ont préparé des listes et ont fait des appels pour solliciter des matériaux ou de l’aide. Le conseil scolaire participait à toutes les étapes mais il s’agissait du projet des élèves. Le travail de ces derniers ne s’est pas arrêté aux idées. Chaque élève de l’école a participé à une partie des travaux. L’épandage de la terre végétale, l’ensemencement et la préparation du gazon, la plantation des arbres – presque tout le travail qui ne nécessitait pas de soudure ou de grosse machinerie de construction a été réalisé par les élèves. L’enseignant responsable des ateliers de l’école a demandé à ses élèves d’aider à concevoir et à construire des bancs et des tables de pique-nique que l’on avait prévus dans le plan d’aménagement de la cour d’école.

Le Port de Saint John, industrie locale située dans le quartier et que l’on voit du haut de la colline, a donné des poteaux pour les jeux de ballons captifs et a fourni la machinerie pour les installer. La direction du Port a fourni les services d’un charpentier pour toute une journée afin d’aider aux travaux de construction. Au sein du groupe des parents, les élèves ont trouvé d’autre matériel et de l’expertise. Des ouvriers de la construction ont donné de leur temps. Deux entreprises de construction ont prêté de la machinerie lourde pour des travaux spécifiques. La terre végétale, les graines de fleurs et la semence du gazon, les arbustes, les arbres et le sable ont été donnés. En tout, le projet comptait 22 entreprises partenaires. Le terrain a pris forme au printemps 1999 et Art Sisk souligne que le projet continue d’évoluer.

Au printemps 1999, une fois les grands travaux terminés, un groupe d’élèves bénévoles ont organisé un « déjeuner de remerciement » à l’intention des bénévoles de la localité.

Quels sont les avantages que présente le projet de revitalisation pour l’école? Les élèves ont vécu des expériences d’apprentissage innombrables. Ils ont vu les avantages de l’interaction sociale et les résultats positifs de la collaboration. Les matières scolaires courantes sont devenues des outils précieux et une base de connaissances dont ils se sont servi pour parvenir à un but. Les élèves ont développé une certaine fierté à l’endroit de leur école, une confiance en leurs habiletés, de même qu’un sentiment positif d’appartenance à leur quartier et à la collectivité dans son ensemble. Comme le fait remarquer Art Sisk, une fois le projet mis sur pied, les problèmes de violence et de discipline ont beaucoup diminué. Au grand plaisir de tous, la nature est venue transformer l’école Beaconsfield.


Visite d'une cour d'école


Des écoles, des projets


Plans de leçon


Retour à la page d'accueil